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Historique et Cadre Juridique

L’historique de la zone reste encore assez mal connue, exceptés quelques événements survenus dans l’ensemble de la zone soudanienne de l’Afrique de l’Ouest et dont l’importance a dû avoir quelques influences sur l’évolution démographique et écologique du Parc National du W (PNW).

Les premières traces de la présence humaine dans la région remontent au paléolithique. La présence de pierres en forme de tête de flèches est l’indice d’une interaction très ancienne entre la faune et l’homme. Celui-ci aurait donc probablement vécu de la chasse et du prélèvement de fruits et graines sauvages et ce, jusqu’à l’avènement de la culture de céréales (sorgho, mil et riz ) dans la zone soudanaise : cette agriculture fut introduite vers 2000 avant J.C.

Néanmoins, ce n’est qu’au environ de 300 - 100 ans avant J. C que les populations du Parc ont connu de matériels aratoires en fer. Cette dernière phase de l’histoire du Parc aurait accru de façon significative le rendement des cultures et de la chasse avec pour corollaire l’accroissement accéléré des populations humaines concernées.

Les nombreux tas de scories rencontrés dans le Parc confirment qu’il était pendant longtemps le siège d’une importante activité d’extraction de fer, activité dont l’époque et la durée ne sont pas encore connues.

S’agissant des relations avec d’autres peuples ou cultures, la situation géographique de la région du W a dû l’isoler des principaux champs d’action des grandes civilisations Ouest-africaines du moyen-âge, exceptée celle de l’Etat de Mossi. Avant la domination française (1896), seuls les Etats haoussa ont eu une influence certaine sur les populations indigènes de la zone du W : d’importantes relations commerciales liaient probablement les deux régions d’après l’histoire.

Il y a de nombreuses indications de l’existence d’une population humaine assez importante à l’intérieur du Parc. Plusieurs sites d’anciens villages sont remarquables par leur végétation particulière.

Souvent les baobabs (Adansonia digitata) qui se trouvent dans le Parc sont associés aux anciens sites habités, de même certains bosquets de Anogeissus leiocarpus qui en sont caractéristiques. Quant au karité (Butyrospermum paradoxum), il est traditionnellement épargné lors des défrichements, l’amande de ses fruits étant la matière première entrant dans la fabrication du beurre de karité. Le néré (Parkia biglobosa) dont les fruits entrent également dans les habitudes alimentaires des populations de la région, est assez fréquent. Notons enfin, l’existence même d’un site comprenant de manguiers (Manguifera indica).

Quoique la prospection du Parc révèle que la région était partout habitée, les divers sites relevés ont été occupés à différentes époques : il s’agit en fait d’une succession d’occupation dont l’origine remonte vraisemblablement à des millénaires, pour ne prendre fin qu’au 20ème siècle.

Certains auteurs dont Hunter (1966), formulent l’hypothèse selon laquelle la région serait soumise à des cycles de peuplement et de dépeuplement alternant au rythme des épidémies d’onchocercose. En effet, cette maladie faisait beaucoup de ravage, contrairement à la trypanosomiase contre laquelle les populations indigènes avaient des moyens de protection (Ford, 1971).

Quelle qu’ait été l’ampleur des activités anthropiques dans la zone, l’influence de l’homme sur l’écologie du Parc du W a été presque ininterrompue depuis sa première occupation.

Sur le plan juridique, bien avant la conférence de Londres en 1933, un décret promulgué le 10 mars 1925 réglementa la chasse et institua la création des Parcs refuges dans les pays de l’Afrique Occidentale Française (A.O.F.). C’est dans ce cadre qu’une année plus tard, il a été créé un Parc entre le fleuve Niger et ses affluents Mékrou et Alibori. Le 13 septembre 1937, le gouverneur du Bénin prit un décret intitulé « Réserves Naturelle Intégrale et Provisionnelle » qui déclare le domaine situé entre l’Alibori et la Mékrou une zone classée.

En 1950, le Fonds d’Investissement pour le Développement Economique et Social (F.I.D.E.S.) mit les moyens matériels à la disposition des pays pour l’équipement en moyen de transport aux gardes forestiers et pour l’ouverture des pistes à travers les aires protégées. C’est ainsi que la délimitation du vaste domaine classé commun au Bénin, au Niger et au Burkina-Faso a été effectuée sur le terrain en 1952 et 1953 par des commissions des trois pays, mais ce domaine ne sera déclaré Parc National du W du Niger que par le décret du 4 août 1954, par le gouvernement de l’A.O.F.


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