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Historique et gestion antérieure du Parc Régional

Située à la jonction des trois Etats, Bénin, Burkina Faso et Niger, la région du « WAP » et plus spécialement les trois parcs nationaux de la RBT W du Niger, constituent la partie la plus septentrionale des vastes savanes soudaniennes qui couvrent la totalité d’un espace écoclimatique intercalé entre les savanes humides annonçant la forêt dense au sud et le Sahel clairsemé et aride au nord.

Cette situation particulière et une occupation humaine très faible, alors liée à la présence de la mouche tsé tsé (maladie du sommeil) et à d’autres pathologies telles que l’onchocercose, avaient incité les premiers cartographes occidentaux de la période coloniale à qualifier la zone de la RBT W de « vastes espaces inhabités », avant qu’en 1927 on ne décide de la classer en « parc refuge ». L’abondance de la grande faune sauvage dans le W n’avait pas échappé aux administrateurs de l’époque et un classement plus formel intervint en 1937, point de départ d’une longue histoire, jalonnée de découpages aux statuts variés tels que celui de « réserve totale de faune », ou encore de « forêt classée », et d’épisodes plus ou moins heureux, notamment marqués par le déguerpissement des rares villages encore présents dans l’aire protégée, et ce jusqu’en 1954.

De cette période date le classement définitif des trois aires protégées de la RBT W en
« Parcs nationaux de la RBT W du Niger », couvrant une superficie de 10300 km² et constituant l’actuel « Parc Régional Transfrontalier de la RBT W ».
A cet ensemble déjà considérable sont venues s’adjoindre d’autres aires protégées voisines, telles que le Parc de la Pendjari au sud, l’Arly à l’ouest, et de nombreuses entités aux statuts variés, telles que la réserve totale de Faune de Tamou au nord, la Réserve partielle de Dosso à l’est ou encore, des zones cynégétiques et plusieurs forêts classées.
On pourra sans doute regretter que la création de cet ensemble d’aires protégées unique en son genre ait entraîné le déplacement des populations de plusieurs villages inclus et depuis lors intégrées à la zone périphérique, mais force est de constater qu’à l’aube du troisième millénaire, et dans un contexte ou explosion démographique, aridification et désertification riment le plus souvent avec recul de la faune sauvage, le Complexe WAP constitue un patrimoine exceptionnel, dernier refuge en Afrique de l’Ouest des énormes troupeaux d’antilopes, d’éléphants, de buffles et d’une façon générale, des grands mammifères terrestres emblématiques qui caractérisaient le Continent il y a moins d’un siècle.

Cette richesse et cette opportunité sont devenues de jour en jour plus évidentes, et ce qui n’était initialement qu’un espace réservé aux chasseurs par décision de l’administration coloniale, dans un contexte où le milieu naturel n’étaient pas encore compté, constitue désormais un élément majeur du Patrimoine Africain.
En dépit de cette valeur patrimoniale évidente, le Complexe d’aires protégées de la RBT WAP et ses écosystèmes de savane, se trouvaient confrontés il y a encore peu à des mécanismes de dégradation bien réels, d’abords dus au déséquilibre existant entre un niveau d’exploitation, le plus souvent illégal, et la disponibilité des ressources naturelles.
Pour enrayer le processus, une politique volontariste et efficace de renforcement de la
surveillance, ainsi que la mise en oe uvre de pratiques de gestion adaptées (création de pistes, construction d’infrastructures touristiques, etc.), ont d’abord permis au Parc de la Pendjari dès les années 80, puis à l’Arly dans les années 90 et enfin au W à partir de 2001, de stopper le mouvement et d’entamer un véritable processus de réhabilitation et de remontée biologique, aujourd’hui bien réel et aux conséquences positives évidentes.

Dans cette optique, préoccupés par la lutte contre la dégradation des espaces naturels et conformément aux Accords de Lomé III, liant les pays A.C.P. à la C.E.E. qui considèrent « le rétablissement des équilibres écologiques, la sauvegarde des ressources naturelles ainsi que leur exploitation rationnelle, comme étant des objectifs fondamentaux que les Etats concernés doivent s’efforcer d’atteindre avec l’appui de la Communauté Européenne », le Bénin, le Burkina Faso et le Niger avaient dès le début des années 90, entamé une réflexion sur l’avenir du Complexe transfrontalier de la RBT W, et ont décidé en mai 2000 de franchir une étape d’intégration supplémentaire, à travers l’adoption de la « Déclaration de la Tapoa ».
Les attendus de cette Déclaration, qui témoignent d’une volonté politique exemplaire et sans ambiguïté, ainsi que du désir de préserver efficacement un espace désormais inscrit au registre du Patrimoine Mondial de l’Unesco, et des Réserves de Biosphère MAB, prévoient la dévolution de la gestion des Parcs de la RBT W à une entité unique, oeuvrant dans un cadre régional.

C’est ainsi qu’en janvier 2001 sont nés le « Parc régional transfrontalier de la RBT W », et son « Programme de Conservation Parc W – ECOPAS », qui bénéficie du support de l’Union Européenne et dont l’objectif est bien d’inverser les processus de dégradation des ressources naturelles, en préservant la biodiversité du Complexe, au bénéfice des populations riveraines et des zones d’influence.


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