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Patrimoine archéologique et historique

« Zone vide » si l’on s’en tient aux premiers commentaires sybillins apportés sur le W par les colonisateurs des années vingt, le nord du Complexe WAP est en fait marqué par la présence de nombreux artéfacts témoignant d’une occupation humaine très ancienne : à défaut d’ossements qui n’ont pas manqué de disparaître au fil des millénaires sous l’action conjuguée du climat et de l’acidité des sols, les traces lithiques de cette présence sont innombrables, spécialement dans la partie nord du Complexe (W du Niger).

Sur le plan culturel, le Parc W du Niger, province archéologique peu connue jusqu’alors, s’avère donc un haut-lieu de la Préhistoire en région sahélo-soudanienne. Il s’agit d’un milieu naturel privilégié, en regard de son environnement, car il a dû jouer depuis des temps immémoriaux un rôle attractif, surtout le long de la Mékrou, pour les nombreuses populations préhistoriques qui s’y sont succédées. Les premières recherches effectuées dans la zone font émerger la richesse d’une région dont l’occupation humaine ancienne est restée longtemps inconnue. Toutes les périodes sont représentées, en une longue séquence qui paraît ininterrompue de l’Acheuléen au subactuel, en passant par le Paléolithique récent, le Néolithique et l’apparition d’une métallurgie du fer.
D’ores et déjà l’étude paléogéographique incluant les industries lithiques, offre une approche du Paléoenvironnement quaternaire de la région. La densité assez élevée de sites tant Paléolithiques que Néolithiques, surtout le long de la rivière Mékrou, dénote l’importance du peuplement de la région.
Du point de vue archéologique, la région témoigne d’un peuplement préhistorique
conséquent et d’un peuplement historique abondant. Des industries acheuléennes se
rencontrent en place dans le cailloutis inférieur (lit mineur de la Mékrou ainsi que des objets grossiers de pierre taillée : bolas, bifaces, polyèdres), des industries du Paléolithique moyen, bien caractérisées, sont en place dans le second cailloutis alors que le Paléolithique récent, le Néolithique ainsi que des occupations historiques sont mêlés, soit au cailloutis supérieur, soit à la surface actuelle qui peut ou non être couverte d’un dépôt de sable éolien. Mais les phénomènes d’affaissement n’étant pas contemporains et étant probablement anciens, des mélanges d’occupation d’âges différents peuvent se rencontrer en surface, au même niveau.
Il s’agit fréquemment d’objets en pierre ou en céramique, mais aussi de traces de métallurgie du fer, qui figurent parmi les plus anciennes de la planète.
Après les bifaces de pierre taillée du Paléolithique apparaissent les outils plus travaillés et complexes du Néolithique : pointes et haches de pierre polie, céramiques, et ce jusqu’à la période protohistorique et à l’histoire récente, riches de vestiges disséminés un peu partout sur le Complexe. Ce ne sont pas moins d’une centaine de sites archéologiques qui ont pu être identifiés sur la seule partie nigérienne du W par les spécialistes de l’Institut de recherche en Sciences Humaines de Niamey.
C’est en particulier au cours d’un inventaire que l’équipe du Pr Boube Gado a découvert en 2002 la statuette de terre cuite protohistorique depuis baptisée, « Vénus du W » et qui est devenue en quelque sorte l’emblème de la présence séculaire et de la légitimité de l’Homme dans le Complexe. C’est sans doute cette spécificité d’un espace partagé par l’Homme et la grande faune sauvage africaine, dont témoignent encore plus récemment les nombreux baobabs vestiges de sites villageois aujourd’hui retournés à la nature, qui fait que le Complexe WAP et spécialement le W ne ressemblent à aucun autre parc d’Afrique.

Identification de sites culturels remarquables

D’ores et déjà l’étude paléogéographique incluant les industries lithiques, offre une approche du Paléoenvironnement quaternaire de la région. La densité assez élevée de sites tant Paléolithiques que Néolithiques, surtout le long de la rivière Mékrou, dénote l’importance du peuplement de la région.

Sites et toponymes mythiques et légendaires :
Bossia (W et pays songhay) ; Gambou (demeure de Harâkoy Dikko, mère de tous les tôrous, génies primordiaux de la cosmogonie songhay) avec pirogue de Faran Maka, ancêtre primordial des pêcheurs Sorko et le premier humain à entrer en contact avec les génies tôrous (rocher) et hippopotame (rocher) ; Koulougna (où a été construit la casbah marocaine) ; Mâla, cité de Tchirey, chasseur, aîné des tôrous ; Sinsinkoro, île exclusivement réservée à Tchirey ; Si bari kangay, écurie du cheval de Sonni Ali Ber, le fondateur de l’Empire songhay dans la 2è moitié du XVè siècle rocher ) ; toponymes légendaires de la Brousse de Boumba " Boumba gandji " (en fait Brousse de la RBT W ), de la Mékrou et de l’Ali Bori etc.

Demeures des génies :
Brousse de Boumba ; embouchure Mékrou ; Maliko (sur le Goroubi : Bokki) ; Penkontou (sur le Diamangou ) etc.

Lieux de culte et de sacrifice :
Bossia, Gambou, Mala etc. (lieux de sacrifice à influence locale, régionale, etc : fleuve Niger, affluents, collines). Les cérémonies d’appel de pluie aux chutes de Koudou par les rois de Banikoara datent des temps reculés et se pratiquent rarement de nos jours car les saisons de pluies jouissent d’une régularité exemplaire.

Autres sites historiques, socio-économiques ou socioculturels :
Casbah marocaine de Koulen ; Sakala-Gonga et sites gourmantchés (rive gauche) ; Boumba (route de l’esclave ; Issa korombé) ; Katanga (rive gauche et Mékrou) : rapports avec les torous etc.
Route de l’esclave, de la cola et des textiles
Sépultures royales, aires de teinturerie
Mines de jaspe" lantana", relations avec les pays haoussa et yorouba
Manifestations culturelles originales
Circoncision
Venandi (dialogue entre les divinités et les hommes)
Pêche dans le fleuve (Sorkos) et dans les rivières (système de barrage en bois, dit niabou en gourmantché)


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